L’ashwagandha calme-t-elle vraiment le stress ? Notre avis, études en main : les essais penchent pour le oui, mais modestement. Avec le plus souvent 250 à 600 mg d’extrait de racine par jour, le stress ressenti baisse un peu et le sommeil s’améliore légèrement, dans des essais de quelques semaines. Les utilisateurs se montrent plus enthousiastes, puisque 66 avis clients sur 100 tirés au sort disent sentir une différence, sans qu’on puisse y faire la part de l’effet placebo. La plante n’en reste pas moins active, au point que l’AnsesAgence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. la déconseille pendant la grossesse et l’allaitement, avant 18 ans, et à toute personne qui a un trouble de la thyroïde, du foie ou du cœur ou qui prend un traitement sédatifMédicament qui ralentit le système nerveux, comme les somnifères ou certains anxiolytiques..
Si vous vous posez la question, c’est sans doute que l’ashwagandha est partout en ligne, des réseaux sociaux aux sites de compléments. On la vend comme une plante « adaptogène », qui aiderait l’organisme à encaisser le stress et à mieux dormir. Ces promesses vont plus loin que ce que mesurent les études, alors que la dose étudiée coûte, elle, de 120 à 170 € par an.
L’essentiel en 3 points
- Stress : deux méta-analysesÉtude qui regroupe les résultats de plusieurs essais pour en tirer une conclusion d’ensemble. publiées en 2024 et 2025 trouvent une baisse du cortisolHormone que le corps libère face au stress ; son taux varie au fil de la journée.. Une seule trouve aussi une baisse modeste du stress ressenti. Le niveau de preuve reste modéré, car ces résultats se contredisent et les essais sont courts.
- Sommeil : cinq essais réunis en 2021 montrent un effet petit, plus net chez les personnes insomniaques, à 600 mg par jour et plus, sur au moins 8 semaines.
- Sécurité : des atteintes du foie ont été décrites, et l’Anses déconseille la plante à plusieurs profils. Aucune allégation santé n’est autorisée pour l’ashwagandha en Europe.
Qu’est-ce que l’ashwagandha, et que contient vraiment une gélule ?
L’ashwagandha (Withania somnifera), aussi appelée ginseng indien, est un arbuste cultivé dans les régions chaudes d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Son nom sanskrit associe ashwa, le cheval, et gandha, l’odeur : sa racine sentirait le cheval mouillé. Son nom latin, somnifera, veut dire « qui fait dormir » (NIH, Office of Dietary Supplements).
Elle vient de l’ayurvéda, la médecine traditionnelle indienne, et de la médecine unani. L’ayurvéda la range parmi les « rasayana »Dans l’ayurvéda, plantes et préparations censées redonner de la vigueur et ralentir l’usure du corps., c’est-à-dire parmi les toniques (Singh et al., 2011). Les compléments d’aujourd’hui reprennent cette image de plante qui redonne de la vigueur.
C’est une plante de la même famille que la tomate et la pomme de terre, les Solanacées. Les compléments utilisent surtout sa racine. Ses composés les plus étudiés sont les withanolides, des molécules caractéristiques de la plante : leur pourcentage sert à indiquer la concentration d’un extrait (Anses, 2024).
Leur teneur varie beaucoup d’un organe de la plante à l’autre, et d’un produit à l’autre. Beaucoup de compléments utilisent des extraits de marque : des extraits produits par un fabricant sous un nom déposé, comme KSM-66 ou Shoden, puis repris par plusieurs marques. Ils ne se ressemblent pas : le KSM-66 vient de la racine seule, le Shoden de la racine et des feuilles. L’Anses cite une étude indienne où huit échantillons sur dix vendus comme « racine » contenaient en fait des parties aériennes, moins chères.
Une gélule d’ashwagandha, c’est comme une bouteille de « jus de fruits » : selon que c’est du pur jus ou un nectar coupé, on n’achète pas la même boisson. L’étiquette le dit, si elle donne trois informations : la partie de plante, la quantité d’extrait en mg et le pourcentage de withanolides.
Le mot « adaptogène », partout sur les emballages, n’a pas de valeur réglementaire. Les allégations demandées pour l’ashwagandha (stress, sommeil, énergie, vitalité) font partie des allégations sur les plantes mises en attente au niveau européen, et aucune n’a été validée, rappelle l’Anses. D’autres plantes sont vendues sous la même étiquette, comme le cordyceps.
Vous hésitez entre plusieurs compléments pour une période chargée, sans savoir lesquels servent ? Un diététicien vous aide à garder les utiles et à écarter les autres, à partir de votre alimentation : ce que comprend le suivi nutritionnel Jauge, et ce qu’il coûte.
Ashwagandha et stress : que montrent vraiment les études ?
Les essais mesurent une baisse modeste du stress ressenti et une baisse du cortisol, mais une méta-analyse de 2025 trouve la seconde sans la première : le niveau de preuve est modéré et les résultats se contredisent.
Ce que mesurent les essais. Les essais suivent le stress perçu (questionnaire PSSPerceived Stress Scale : questionnaire où la personne note elle-même son stress du dernier mois.), l’anxiété (échelle HAM-AÉchelle d’anxiété de Hamilton : un soignant note 14 signes d’anxiété lors d’un entretien.) et le cortisol sanguin, en comparant l’extrait à un placeboGélule identique mais sans actif, donnée à un groupe témoin pour comparer..
Chez qui, et avec quel résultat. En 2024, une méta-analyse de 9 essais et 558 participants trouve une baisse du score de stress perçu d’environ 5 points face au placebo, ainsi qu’une baisse de l’anxiété et du cortisol (Vijayakumar et al., 2024). En 2025, une seconde réunit 7 essais sur le cortisol et 6 sur le stress ressenti, soit 488 participants qui ont pris au moins 250 mg par jour pendant au moins 2 semaines : le cortisol baisse, mais pas le stress ressenti de façon significative (Albalawi, 2025). Un résumé présenté en congrès la même année, qui n’a pas été relu par les pairs, va dans le sens de la première sur 15 essais (Bachour et al., 2025) ; notre méthode ne le compte pas comme une preuve.
Faire baisser le cortisol, est-ce utile ? Pas en soi. Le cortisol est une hormone que le corps libère face au stress, et son taux varie au fil de la journée. Ce qui compte pour vous, c’est de vous sentir moins stressé, et c’est justement ce que la méta-analyse de 2025 ne retrouve pas alors que le cortisol baisse ; son auteur parle lui-même d’un décalage entre les deux.
Quand consulter un médecin : une partie de ces essais porte sur des personnes anxieuses. Une anxiété qui dure, qui gêne le sommeil ou le travail, se voit avec un médecin ; l’ashwagandha n’en est pas un traitement.
Que valent les études sur l’ashwagandha et le stress ?
Elles restent petites et courtes, et portent souvent sur les mêmes extraits de marque : leur niveau de preuve est modéré.
Qui finance. L’essai le plus cité a suivi 64 adultes stressés, à 300 mg deux fois par jour pendant 60 jours, avec un extrait KSM-66 fourni par la société Ixoreal Biomed ; les auteurs ne déclarent ni financement ni conflit d’intérêts (Chandrasekhar et al., 2012). Les essais sur le sommeil portent eux aussi sur des extraits de marque, KSM-66 ou Shoden (NIH). Notre méthode de sélection ne compte une étude financée par un fabricant comme preuve que si un essai indépendant la confirme. Ici, les essais sont petits, courts et souvent menés sur les mêmes extraits : nous jugeons donc le niveau de preuve modéré, pas fort.
Notre lecture. Il se passe bien quelque chose dans ces essais, mais l’effet reste modeste. Il repose sur quelques centaines de personnes, suivies pendant quelques semaines. Si vous espérez un changement net sur votre stress, les études ne le promettent pas ; l’une des deux méta-analyses ne trouve d’ailleurs aucun effet significatif sur le stress ressenti.
Ashwagandha et sommeil : quel effet ?
L’effet existe mais reste petit, plus net chez les personnes insomniaques. En 2021, une méta-analyse de cinq essais conclut à un effet « petit mais significatif » de l’extrait d’ashwagandha sur le sommeil (Cheah et al., 2021).
Chez qui. Les essais ont inclus des adultes, avec ou sans insomnie diagnostiquée. Tous ont été menés en Inde, avec 250 à 600 mg par jour d’extrait de racine, ou 120 mg d’un extrait de racine et de feuilles (NIH, Office of Dietary Supplements).
Taille de l’effet. L’effet est plus marqué chez les personnes insomniaques, à 600 mg par jour ou plus, et après au moins 8 semaines. Les essais relèvent aussi une meilleure vigilance au réveil et moins d’anxiété, sans effet sur la qualité de vie. Les auteurs notent que les données de sécurité manquent pour un usage prolongé.
Notre lecture. Cinq essais réunis dans une seule méta-analyse, tous dans un même pays : c’est un niveau de preuve modéré au mieux. Chez quelqu’un qui dort bien, il y a peu à attendre.
Quand consulter un médecin : des difficultés à dormir qui durent plusieurs semaines, une fatigue dans la journée ou des ronflements avec des pauses respiratoires se voient avec un médecin, qui en cherche la cause.
Énergie, poids, sport, thyroïde : ce qui n’a pas été montré
Aucun de ces usages n’a de preuve solide. La thyroïde mérite une place à part, pour une raison de sécurité plutôt que d’efficacité.
- Poids : on lit que l’ashwagandha ferait maigrir. Nous n’avons trouvé aucune donnée solide : un essai de 52 adultes stressés note une petite baisse de l’indice de masse corporelle (Choudhary et al., 2017, cité par l’Anses). Dans le registre européen des allégations, seul le glucomannane en a une sur le poids (règlement (UE) n° 432/2012).
- Sport et testostérone : un essai chez 57 hommes qui faisaient de la musculation, à 600 mg par jour pendant 8 semaines, a mesuré une hausse de la testostérone (Wankhede et al., 2015, cité par l’Anses). Ce sont de petits essais, courts, menés sur des extraits de marque : niveau de preuve faible.
- Énergie : pas de données solides chez la personne en bonne santé.
- Thyroïde : chez 50 personnes en hypothyroïdie frusteThyroïde qui fonctionne un peu au ralenti, visible sur la prise de sang, sans symptômes marqués., 600 mg d’extrait par jour pendant 8 semaines ont fait bouger les hormones thyroïdiennes (Sharma et al., 2018). Des cas de thyrotoxicoseExcès d’hormones thyroïdiennes dans le sang : palpitations, amaigrissement, nervosité. ont aussi été publiés ; l’Anses en recense plusieurs dans son avis. Cet effet explique pourquoi l’Anses déconseille la plante en cas de trouble de la thyroïde. Ce trouble se suit avec un médecin.
Ashwagandha : ce qu’en disent les utilisateurs
Sur 100 avis clients tirés au sort, 66 disent voir un effet, surtout sur le stress et le sommeil, 10 n’en voient pas, et 24 ne parlent pas de l’effet. Les essais, eux, mesurent un effet modeste : les deux ne disent pas la même chose.
Le 20 octobre 2026, nous avons tiré au sort 100 avis parmi les 2 225 avis commentés publiés en trois ans sur onatera.com, le site d’une marque qui y vend son propre extrait de racine KSM-66. Quatre avis tirés qui parlaient d’une maladie, d’un enfant ou d’un traitement ont été écartés et remplacés par le tirage suivant. Les autres sites tentés ne laissaient pas charger leurs avis : le panel repose sur un seul site.
| Site | Avis tirés au sort | Disent voir un effet | Pas d’effet net | Aucun effet décrit |
|---|---|---|---|---|
| Onatera (site de la marque) | 100 | 66, soit 66 % | 10, soit 10 % | 24, soit 24 % |
Parmi les 76 avis qui parlent de l’effet, 66 disent en voir un, soit près de neuf sur dix. Parmi eux, 18 écrivent seulement « efficace », sans dire sur quoi. Le stress et le calme reviennent 26 fois, le sommeil 15 fois, l’énergie 3 fois. Les délais cités vont des premières prises à deux mois.
Quand ils voient une différence
- « En 2 semaines je vois déjà du mieux sur mon sommeil » (avis client Onatera, juin 2026)
- « plus apaisée, moins stressée. Par contre aucun effet sur le sommeil » (avis client Onatera, février 2024)
Quand rien ne bouge
- « Pas eu d’effet sur moi » (avis client Onatera, août 2025)
- « Je n’ai pas vu le résultat » (avis client Onatera, février 2025)
Note et effet sont deux choses différentes. Le produit affiche 4,5 sur 5, et 69 % des avis de la période ont cinq étoiles. Ces ressentis ne sont pas une preuve : un sentiment de calme se prête à l’effet placebo, personne n’a de groupe témoin, et sept avis associent la plante au magnésium ou à d’autres compléments, ce qui empêche de savoir lequel agit. Les avis sont affichés par la marque, et les déçus écrivent moins.
Quelle dose d’ashwagandha est étudiée ?
Les essais recensés par l’Anses utilisent le plus souvent 250 à 600 mg d’extrait de racine par jour, pendant 6 à 10 semaines. Il n’existe ni valeur nutritionnelle de référenceQuantité quotidienne fixée par la réglementation européenne pour une vitamine ou un minéral, reprise sur les étiquettes. ni limite de sécurité de l’EFSAAutorité européenne de sécurité des aliments. pour l’ashwagandha.
Le chiffre. Un extrait concentre la racine : 600 mg d’extrait ne valent pas 600 mg de poudre de racine. Nutri&Co et Dynveo, titrés à 5 %Extrait dont la teneur en un composé est garantie : ici, 5 % de withanolides., apportent ainsi 30 mg de withanolides pour 600 mg d’extrait ; notre relevé n’indique pas le titrage de nu3 ni d’Arkopharma.
Les repères officiels. Aucun en France : la DGCCRFDirection générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, qui contrôle les compléments alimentaires en France. n’a pas fixé de dose maximale, et l’Anses juge impossible de définir un niveau de consommation sans risque, faute de données de qualité. La Pologne, elle, a fixé en 2020 un plafond de 10 mg de withanolides par jour et de 3 g de racine ; l’Anses le rapporte sans le reprendre. Nutri&Co et Dynveo en apportent trois fois plus à 600 mg d’extrait.
Les doses étudiées. Au moins 250 mg par jour dans la méta-analyse de 2025 sur le stress, 120 à 600 mg dans celle de 2021 sur le sommeil, où l’effet est plus net à partir de 600 mg. Peu d’essais dépassent trois mois : le plus long que nous ayons trouvé a suivi 1 200 adultes indiens en bonne santé pendant 24 semaines, à 500 mg d’extrait de racine par jour, et conclut à une bonne tolérance (Chopra et al., 2026).
Le profil des études. Les essais portent sur des adultes stressés, anxieux ou insomniaques ; ceux sur le sommeil ont tous été menés en Inde. Quant à la « pause tous les trois mois », aucune étude ne fonde ce rythme : il reflète surtout le manque de recul.
Combien coûte la dose étudiée d’ashwagandha ?
À la dose la plus étudiée, comptez de 0,33 à 0,47 € par jour : nous avons relevé le prix de quatre produits courants le 20 octobre 2026.
| Produit | Extrait | À la dose indiquée | Dans la fourchette la plus étudiée (250 à 600 mg) | Prix public | Prix par jour |
|---|---|---|---|---|---|
| Nutri&Co, Ashwagandha Bio, 120 gélules | Racine, KSM-66, 5 % de withanolides | 600 mg pour 2 gélules ; la marque indique 2 à 4 gélules | Oui à 2 gélules ; 1 200 mg à 4 gélules | 20,90 € | 0,35 € (2 gélules) |
| Dynveo, Ashwagandha Bio, 60 gélules | Racine, KSM-66, 5 % de withanolides | 600 mg par gélule ; la marque indique 1 à 2 gélules | Oui à 1 gélule ; 1 200 mg à 2 gélules | 19,90 € | 0,33 € (1 gélule) à 0,66 € (2 gélules) |
| nu3, Ashwagandha bio, 120 gélules | Racine, KSM-66 | 600 mg pour 2 gélules | Oui | 25,49 € | 0,42 € |
| Arkopharma, Arkogélules Bio Ashwagandha, 60 gélules | Racine, KSM-66 | 600 mg pour 2 gélules | Oui | 14,19 € | 0,47 € |
À la dose la plus étudiée, comptez de 0,33 à 0,47 € par jour, soit 120 à 170 € par an, pour un effet modeste. Deux de ces produits indiquent jusqu’à 1 200 mg par jour, le double du haut de la fourchette la plus étudiée.
Pour comparer au-delà de ces quatre exemples, nous avons noté 12 ashwagandhas sur leur extrait, leur dose, leur pureté et leur prix dans notre comparatif du meilleur ashwagandha.
Avant d’acheter, faites le tri : un diététicien vous aide à choisir les compléments utiles et à écarter les inutiles, sans rien vous vendre. Il part de votre alimentation, l’assiette d’abord, et n’ajoute un complément que s’il sert votre objectif. Première étape : le questionnaire gratuit, en 5 minutes.
Ashwagandha : dangers, effets secondaires et contre-indications
Dans les essais et les signalements recensés par l’Anses, les effets indésirables relevés sont surtout la somnolence et des troubles digestifs. Plus rares, des atteintes du foie et de la thyroïde ont été décrites, et l’Anses déconseille la plante à plusieurs profils.
Ce que dit l’Anses. Dans son avis d’avril 2024, l’agence recommande de s’abstenir de compléments contenant de l’ashwagandha en cas de pathologie thyroïdienne, hépatique ou cardiaque, d’hyperandrogénieExcès d’hormones masculines, par exemple dans le syndrome des ovaires polykystiques., de grossesse, ou de traitement sédatif ou dépresseur du système nerveux. Par précaution, elle la déconseille aussi pendant l’allaitement et avant 18 ans. Elle déconseille la plante avant de conduire ou d’utiliser une machine, en raison de la somnolence. Elle a reçu 8 signalements depuis 2009, surtout digestifs, dont une hépatite aiguë chez une femme de 68 ans ; aucun décès.
Le foie. En 2020, cinq cas d’atteinte du foie ont été décrits en Islande et aux États-Unis : une jaunisse apparue 2 à 12 semaines après le début de la prise (Björnsson et al., 2020). En 2023, une série indienne rapporte 8 cas liés à un produit à base d’ashwagandha seule. Cinq patients avaient déjà une maladie du foie ; trois sont morts. Des cinq autres, quatre ont guéri lentement et le dernier a gardé une atteinte chronique (Philips et al., 2023). Ces atteintes restent rares ; ce sont des séries de cas, qui ne disent pas leur fréquence.
Les interactions. L’Anses cite des interactions possibles avec certains sédatifs et anxiolytiques, les antidiabétiques et les traitements de la thyroïde. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien si vous suivez un traitement. Dans notre panel, un avis sur cent décrit une réaction indésirable marquée.
Interdite en France ? Non. Plus de 250 produits en contenant ont été déclarés en France entre 2016 et 2021. Le Danemark, lui, considère depuis une évaluation de 2020 que la plante ne devrait pas être utilisée dans les aliments, et l’Allemagne la déconseille aussi dans les compléments (Anses, 2024).
« C’est naturel, donc sans danger » : l’Anses conclut au contraire qu’on ne peut pas fixer de dose sans risque. Certains utilisateurs disent se sentir « coupés de leurs émotions », ou mal à l’arrêt : nous n’avons trouvé aucune donnée solide sur ces effets, ni pour, ni contre. Notre article sur les compléments alimentaires dangereux fait le point sur les autres risques connus.
Quand consulter
Parlez-en à un médecin avant de prendre de l’ashwagandha, ou sans attendre, si :
- vous êtes enceinte ou allaitez (votre sage-femme peut aussi vous conseiller) ;
- vous avez moins de 18 ans ;
- vous avez un trouble de la thyroïde, une maladie du foie ou du cœur ;
- vous suivez un traitement au long cours, un somnifère, un anxiolytique ou un antidépresseur : votre pharmacien peut aussi vous répondre ;
- pendant la prise, la peau ou le blanc des yeux jaunit, les urines foncent, ou une fatigue inhabituelle apparaît : arrêtez et consultez sans attendre ;
- le stress, l’anxiété ou l’insomnie s’installent.
Notre avis : pour qui l’ashwagandha se défend, et qui doit s’en passer ?
L’ashwagandha a un effet modeste, mesuré sur le stress ressenti et le sommeil, dans des essais de quelques semaines. C’est un pari raisonnable pour un adulte en bonne santé qui traverse une période chargée, accepte cette incertitude et ne dépasse pas les durées étudiées. Le rythme de sommeil, l’activité physique et l’assiette restent le socle.
Doivent s’en passer ou demander l’avis de leur médecin (de leur sage-femme pendant la grossesse) : les femmes enceintes ou qui allaitent, les moins de 18 ans, les personnes qui ont un trouble de la thyroïde, du foie ou du cœur, ou qui prennent un sédatif. Une plante se choisit, elle ne se prend pas d’office.
| Situation | Ce que montrent les études | Dose étudiée | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Stress ressenti | Baisse modeste dans une méta-analyse sur deux ; cortisol en baisse dans les deux | 250 à 600 mg d’extrait de racine par jour, le plus souvent 6 à 10 semaines | Modéré, résultats contradictoires |
| Sommeil | Effet petit, plus net chez les insomniaques | 120 à 600 mg par jour, plus net à 600 mg et plus, 8 semaines et plus | Modéré au mieux |
| Sport, testostérone | Quelques petits essais favorables, sur des extraits de marque | 600 mg par jour, 8 semaines | Faible |
| Poids, énergie | Pas de données solides | Non établie | Pas de données solides |
| Grossesse, allaitement, moins de 18 ans, troubles de la thyroïde, du foie ou du cœur, traitement sédatif | Déconseillée par l’Anses | — | Risque : à éviter |
Autres questions posées sur l’ashwagandha
L’ashwagandha est-elle interdite en France ?
Non. Elle figure dans la liste des plantes que la DGCCRF admet dans les compléments alimentaires, et plus de 250 produits en contenant ont été déclarés en France entre 2016 et 2021. Depuis 2024, l’Anses la déconseille à plusieurs profils, dont les femmes enceintes et les personnes qui ont un trouble de la thyroïde. Le Danemark considère qu’elle ne devrait pas être utilisée dans les aliments.
Combien de temps faut-il en prendre avant de sentir un effet ?
Les essais mesurent le plus souvent leurs résultats après 6 à 10 semaines. Sur le sommeil, l’effet est plus net au-delà de 8 semaines. Un effet ressenti dès les premières prises, comme le décrivent certains avis, n’est pas ce que mesurent les essais.
Peut-on prendre de l’ashwagandha tous les jours, et faut-il faire des pauses ?
Les essais l’ont donnée tous les jours, le plus souvent pendant quelques semaines ; le plus long que nous ayons trouvé a duré 24 semaines, avec une bonne tolérance. Au-delà, les données de sécurité manquent, et l’Anses juge impossible de fixer une dose sans risque. Nous n’avons trouvé aucune étude qui fonde une pause tous les trois mois ; c’est surtout le signe d’un manque de recul.
L’ashwagandha fait-elle maigrir ?
Rien ne le montre. Un seul essai note une petite baisse de l’indice de masse corporelle, chez des adultes stressés. Dans le registre européen des allégations, seul le glucomannane a une allégation sur le poids.
Ashwagandha et thyroïde : quel risque ?
La plante fait bouger les hormones thyroïdiennes : un essai l’a observé chez des personnes en hypothyroïdie fruste, et des cas de thyrotoxicose ont été publiés. L’Anses la déconseille en cas de trouble de la thyroïde. Si vous en avez un, ou un traitement thyroïdien, parlez-en à votre médecin avant toute prise.
Le bien-être, ça se jauge
Le questionnaire Jauge est gratuit et prend 5 minutes. Ensuite, deux formules :
- Mesurée : 190 €, plus le coût de la prise de sang, qui dépend des analyses ;
- Déclarative : 190 € par an ou 29 € par mois, sans prise de sang.
Dans les deux cas, un diététicien construit avec vous un suivi nutritionnel vers votre objectif (énergie, poids, période chargée) : votre alimentation d’abord, des compléments seulement s’ils sont utiles. Il vous présente votre protocole en rendez-vous.
Jauge ne vend aucun complément, ne recherche pas de carence, ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas votre médecin.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
Comment nous avons vérifié cet article :
Sources
- Anses. Avis relatif aux risques liés à l’utilisation des préparations de Withania somnifera (L.) Dunal dans les compléments alimentaires, saisine 2021-SA-0077, 19 avril 2024. Lien
- Vijayakumar V. et al. Effects of Ashwagandha (Withania somnifera) on stress and anxiety: a systematic review and meta-analysis. Explore, 2024;20(6):103062. Lien
- Bachour G. et al. Effects of Ashwagandha supplements on cortisol, stress, and anxiety levels in adults: a systematic review and meta-analysis. BJPsych Open, 2025;11(S1):S39 (résumé de congrès, non relu par les pairs). Lien
- Chopra A. et al. Safe prolonged prophylactic use and tolerability of Ashwagandha following COVISHIELD vaccination over 24 weeks: a multicentre randomized double-blind placebo-controlled trial. Front Med, 2026;13. Lien
- Albalawi A.A. Dual impact of Ashwagandha: significant cortisol reduction but no effects on perceived stress. A systematic review and meta-analysis. Nutrition and Health, 2025;31(4):1395-1408. Lien
- Chandrasekhar K., Kapoor J., Anishetty S. A prospective, randomized double-blind, placebo-controlled study of safety and efficacy of a high-concentration full-spectrum extract of ashwagandha root in reducing stress and anxiety in adults. Indian J Psychol Med, 2012;34(3):255-262. Lien
- Cheah K.L. et al. Effect of Ashwagandha (Withania somnifera) extract on sleep: a systematic review and meta-analysis. PLoS One, 2021;16(9):e0257843. Lien
- NIH, Office of Dietary Supplements. Ashwagandha: is it helpful for stress, anxiety, or sleep? Fiche pour les professionnels de santé. Lien
- Björnsson H.K. et al. Ashwagandha-induced liver injury: a case series from Iceland and the US Drug-Induced Liver Injury Network. Liver Int, 2020. Lien
- Philips C.A. et al. Ashwagandha-induced liver injury: a case series from India and literature review. Hepatol Commun, 2023;7(10):e0270. Lien
- Singh N., Bhalla M., de Jager P., Gilca M. An overview on ashwagandha: a Rasayana (rejuvenator) of Ayurveda. Afr J Tradit Complement Altern Med, 2011;8(5 Suppl):208-213. Lien
- Sharma A.K., Basu I., Singh S. Efficacy and safety of ashwagandha root extract in subclinical hypothyroid patients. J Altern Complement Med, 2018. Lien
- Règlement (UE) n° 432/2012, registre des allégations de santé autorisées. EUR-Lex. Lien
- Nutri&Co. Fiche « Ashwagandha Bio », consultée le 20 octobre 2026. Lien
- Redcare Pharmacie. Fiches « Dynveo Ashwagandha Bio », « nu3 Ashwagandha bio » et « Arkopharma Arkogélules BIO Ashwagandha », consultées le 20 octobre 2026. Lien 1, lien 2, lien 3
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